| Grossesse | ![]() |
Bébés & enfants | ![]() |
Parents | ![]() |
Vous souhaitez nous faire
part de sujets, suggestions,
astuces, bons plans,
recettes...
lundi 25 octobre 2010

Cela fait un an et demi que Gaspard est né grand prématuré. Un an et demi et pourtant, c'est seulement aujourd'hui que sa maman, Magali, arrive à poser des mots sur cet évènement. Merci pour ce texte, merci de nous l'avoir confié et longue et belle route à Gaspard !
Cela fait 16 mois, et pourtant c’est encore difficile d’en parler…
Au petit matin de ce vendredi 15 Mai 2009 je suis enceinte de 6 mois et 1 semaine et j’ai des douleurs lancinantes et persistantes depuis la veille au soir. Les médicaments n’agissent pas mais je ne m’inquiète pas outre mesure. Par précaution j’appelle les urgences gynécologiques qui me demandent tout de même de passer pour vérifier que tout va bien.
Je réveille mon ami et lui demande de me conduire à l’hôpital. Je lui indique le chemin à prendre et nous plaisantons sur le fait qu’au moins le jour J il saura se rendre à la maternité facilement. Nous étions loin de nous douter que nous ferions ce même trajet chaque jour pendant presque 2 mois.
Aux urgences, tout le personnel étant en réunion je suis enfin prise en charge par une stagiaire qui m’assure que les douleurs ne sont pas des contractions et que le bébé se porte bien. Il faudra peut-être que je reste pour le WE en surveillance.
Je reste surprise de ne pas être auscultée (uniquement monitoring) mais contente que bébé soit en bonne santé. Les douleurs je les contrôle du mieux que je peux.
Le papa est attendu pour une réunion très importante. Après un long moment passé à mes côtés je lui assure que tout va bien, qu’il peut partir mais qu’il est hors de question que je reste pour le WE. Nous attendions le soir même tous nos amis pour les 35 ans du futur Papa.
Quelques minutes plus tard le médecin, sorti de sa réunion, s’aperçoit en entrant dans la pièce que mon ventre contracte … le monitoring avait été posé à l’envers par la stagiaire.
Très vite le médecin m’ausculte dans une pièce voisine. Elle relève la tête vers moi et son air livide me fait comprendre que quelque chose ne va pas. Elle m’annonce que je suis complètement dilatée et que le bébé arrive.
Puis, tout bascule
Je ne comprends pas ce qui se passe et hurle à qui veut bien l’entendre que mon bébé est trop petit et qu’il ne sortira pas. Beaucoup de monde arrive et s’affole autour de moi.
On me pose mille et une questions ; mon dossier, les derniers examens, le numéro de téléphone du papa … mais je suis terrifiée. Le verdict tombe : Le bébé est en siège, il faut faire une césarienne en urgence. Les contractions sont très rapprochées, la douleur physique incontrôlable, la douleur de mon cœur inconsolable et la peur si présente … il est encore si petit.
Le temps presse. On me dit comment respirer, comment me positionner pour faire une rachianesthésie, on me parle doucement, on me prend la main mais je suis complètement perdue.
Je ne les entends pas m’expliquer le déroulement de l’opération, je pleure en silence, je les laisse me le prendre.
Je ne réalise plus ce qui se passe autour de moi, qu’ils sont en train de refermer mon ventre vide, je fixe le plafond mon seul lien avec la réalité.
10h24. Je ne l’ai pas vu, pas entendu, on l’a emmené rapidement. A cet instant je ne me demande même pas s’il est en vie ou pas. Je suis complètement déconnectée, inerte en état de choc.
Je crois qu’ils m’ont demandé son prénom et heureusement nous l’avions déjà choisi : Gaspard.
Ce prénom qui était une évidence pour moi mais encore si abstrait prenait toute sa dimension.
Gaspard, mon ange, je ne suis pas là pour te souhaiter la bienvenue dans la joie, te prendre dans mes bras avec tout l’amour que j’ai pour toi. Tu découvres la vie seul et apeuré.
Heureusement ton Papa arrive très vite.
Ce Papa qui ne comprend pas ce qui se passe lorsque le médecin appelle, qui pense que l’on se trompe de patiente car sa femme n’est enceinte que de 6 mois et 1 semaine. Ce Papa qui devient Papa pour la première fois de façon si brutale, seul. C’est lui qui doit annoncer aux grands-parents, la famille et amis la naissance. Cette nouvelle qui se devait être si merveilleuse et pleine de joie devient angoisse, peur et tristesse.
Mes 2 hommes me rendent visite 1 petite minute seulement en salle de réveil, avant que Gaspard ne soit mené en Réanimation néonatale. Papa pousse cette couveuse géante transportant notre petit bonhomme. Il est bien proportionné, c’est un gros bébé pour son terme : 1,4 kg.
J’ai tout juste le temps de le découvrir un peu perdu au milieu de tous les fils, électrodes, tuyaux … il est intubé pour l’aider à respirer.
C’est encore le Papa qui accompagne Gaspard en réanimation néonatale et qui prend les premières photos pour que je puisse garder un lien.
Il est 16h passé et après une longue attente pour qu’une chambre se libère je vais être enfin transférée. Je surprends la conversation de 2 infirmières dont l’une n’est pas d’accord pour me mettre à l’étage demandé et estime que je devrais être à l’étage « maternité » comme toutes les mamans. Aujourd’hui je remercie cette infirmière qui a insistée pour que je sois à l’étage des grossesses pathologiques. Comment surmonter cette terrible épreuve en côtoyant à chaque instant des mamans, leur bébé et leur bonheur nouveau.
Je suis vaseuse et ne réalise pas vraiment la gravité de la situation. Je garde très peu de souvenirs de cette fin de journée. Seulement que l’on ne m’autorisera pas à descendre voir Gaspard. Je dois attendre le lendemain que mon état s’améliore.
Il fait nuit et je me retrouve seule dans ma chambre sans pouvoir me lever. Mon bébé se trouve juste 2 étages en dessous, et je ne suis pas à ses côtés. Je ne dors pas, je pleure.
La famille, la mienne, la sienne, notre famille en soit… toujours présente. Ils sont tous là pour nous, pour le Papa qui ne restera pas seul à la maison. Ce soir là le champagne sera tout de même de la partie pour souhaiter la bienvenue à notre petit Gaspard.
Les semaines qui suivantes furent un combat de chaque jour, un cauchemar terrifiant fait d’angoisses, d’épreuves et de larmes.
1 mois et 3 semaines plus tard, une éternité, nous sommes le 6 Juillet 2009 et nous pleurons de joie en ramenant notre petit ange à la maison.
Magali
lundi 25 octobre 2010 à12:38
quel beau témoignage! merci de vous être ainsi livrée à nous! n beau combat que vous avez mené tous les trois, je vous souhaite désormais tout plein de bonheurs encore et encore!
lundi 25 octobre 2010 à12:51
Magnifique et bouleversant...
Merci de ce témoignage.
Que la vie de ce petit bonhomme soit douce et pleine d'amour.
lundi 25 octobre 2010 à13:25
Merci pour ce témoignage émouvant et délicat Magali.
Bonne continuation à la petite famille.
lundi 25 octobre 2010 à13:42
quelle belle fin pour un début aussi violent et douloureux.
Je sais que ce genre d'évènements ne peut pas s'oublier mais j'espère pour vous qu'il s'atténuera avec le temps. bonne continuation à vous 2 et au petit Gaspard
lundi 25 octobre 2010 à13:46
merci pour ce magnifique témoignage pleins d'amour
belle vie a vous
lundi 25 octobre 2010 à14:16
je souhaite la bien venu as ce bébé et tous mes voeux aux parent .
voila ma petite histoire ;
je suis née il y as 61 ans , as 6mois et demi et je peser 7.50 grammes ; je n'ai pas eu de couveuse , né as domicile car maman n'as pas pu allée as la clinique ,( naissance trop rapide ) je n'ai jamais était malade et j'ai poussée comme un champignon comme ont dit chez moi .
je vous souhaite as vous trois beaucoup de bonheurs .
peint de bisous as GASPARD.
lundi 25 octobre 2010 à14:38
Merci pour ce témoignage poignant...
j'espère que Gaspard se porte bien et que la douceur de vivre ensemble apaise peu à peu la brutalité de sa venue au monde.
lundi 25 octobre 2010 à15:08
j'en ai les larmes aux yeux ma belle, on se doutait de ce que ça pouvait être mais pas à ce point,grosses bises
lundi 25 octobre 2010 à16:55
J'aime beaucoup ton récit cela me fait rappeler mon histoire mon fils est né le 6/04/2009 à 27SA+3 il a 17 mois d'age réel.
J'aurais aimé remonté au service de grossesse à haut risque après la césarienne mais il m'ont emmené en maternité car une autre femme rentrait dans ma chambre, entendre tous ces bébés pleurer la nuit fut très dur .
lundi 25 octobre 2010 à23:09
On a vécu une situation un peu similaire mais avec un peu plus de "chance" que vous: à 34 SA...mais pareil, réa infantile, un mois qui nous a semblé une éternité ensuite...pour enfin pouvoir prendre nos repères...
Comme toi, les nuits à la mater, seules sans mon bébé, ont parfois été très dures, à entendre ces petits bébés pleurer pr réclamer à manger, un câlin à leurs mamans, et moi, seule avec mon mari là pour me soutenir...
Je vous embrasse, ainsi que Gaspard. Aujourd'hui notre fils a presque 10 mois, il va bien mais souvent nous repensons à notre histoire atypique...dans un mélange de tristesse et d'intense joie, à la mesure du choc je pense qui nous est tombé dessus, l'amour que nous avons pour tous les 3 est aujourd'hui d'une grande force...
Amicalement
mardi 26 octobre 2010 à22:31
Merci pour ce beau témoignage et plein de bonheur à vous 3 . Je suis mamie et nounou d 'Enzo , mon petit fils qui est né à 31 semaines de grossesse de ma fille . Il y a eu des moments très durs à traverser avec les enfants , mais aujourd'hui il a 2 ans et ce n'est que du bonheur ! Bon courage à vous et bonne santé à votre petit bout de chou .
mercredi 27 octobre 2010 à09:57
Merci beaucoup à toutes, vos commentaires me touchent énormément.
Gaspard est aujourd'hui un petit bonhomme plein de vie qui nous apporte beaucoup d'amour et de joie.
Une pensée particulière aux mamans qui vivent en ce moment la même histoire et aux équipes médicales qui ont été extraordinaires (Hôpital Trousseau).
mercredi 27 octobre 2010 à16:12
bonjour votre témoignage m a beaucoup émue je sais ce que vous avez pu ressentir je suis passée par là j ai accouchée à 30semaines de grossesse d un merveilleux petit garçon qui a déjà 1an aujourd hui c est vrai qu on est heureuse quand on nous dit qu on peut enfin rentré à la maison avec son enfant bonne continuation à gaspard
jeudi 28 octobre 2010 à00:30
Merci et bravo pour ce beau témoignage. Je vous souhaite beaucoup de bonheur à vous trois.
Ma première fille Anna est née à Brest au CHU Morvan à 31 Semaines, elle ne pesait que 940 g. Elle vient de rentrer en 6ème. Tout va bien !
Ses soeurs de 7 ans et 7 mois sont nées à terme sans aucune difficulté pendant les grossesses. L'histoire de Gaspard ressemble de très près à celle d'Anna. Je me souviens d'une petite fille fragile et pâle mais aujourd'hui, elle est solide, en bonne santé et d'une grande gaieté.
Tendre pensée à Gaspard et bon vent à toute la famille !
samedi 30 octobre 2010 à23:30
ce témoignage me prends vraiment aux tripes!!
je suis enceinte de 5mois et demi, et l'idée qu'il m'arrive la même chose me fais très peur!!
bon courage à vous et bienvenu à votre gaspard
bien à vous
lili
mardi 02 novembre 2010 à14:18
Bonjour à vous!!!
Je suis maman d'un petit garçon âgé de 2 ans maintenant qui est né à 31 semaines (1.240 kg pour 37 cm)et qui a vécu des choses similaires à Gaspard. En effet, tout ce que vous décrivez est vrai et j'ai l'impression en vous lisant de lire notre propre histoire. Ce sont des moments tellement difficiles à vivre et ceux qui ne sont pas passés par là essaient d'imaginer mais ne peuvent pas comprendre. Aujourd'hui Enzo a des soucis respiratoires bénins (mais moins qu'avant) et il est suivi dans le réseau préma. On nous remet toujours sur le tapis le fait qu'il soit préma et c'est très dur à vivre au quotidien. Il va bien mais je me sens encore fragile sur ce sujet et je ne suis pas prête de ne plus y penser.
Nous essayons d'avoir un 2eme enfant mais j'ai une grande peur pour la suite. J'espère de tout coeur ne pas revivre ce lourd passé.
A très bientôt et bienvenue à Gaspard et vous verrez ces petits bambins sont très forts!!!! Passez de bons moments en famille et profitez de chaque instant.....
Cindy
lundi 08 novembre 2010 à16:05
un petit message pou souhaiter plein de bonheurs à tous ces béné nés en avance!! (trop)
Ici Eloise est née à 31 sa pour 1.750kg, 5 semaines de neonat, allaitée 1 an
elle a eu des soucis (opérations) non liés à sa prématurité, mais par contre pas de soucis majeurs par rapport aux poumons (mm si suivie encore en pneumo,)
elle a 3 ans presque et demi, est super en avance pour bcp d echose et s'éclate à la maternelle
la 1ere année est souvent la + effrayante (surtt l hiver)
mais ona fini d eparler de préma avant ses 2 ans (suivi du cams que l an prochain)
en la voyant aujourd hui, cette petite mémère minuscule à laquelle on arrivait pas a enfiler des chaussures tellement avait d emini petons! s est transformée en une jolie petite fille, qui dépasse ses copains (elle taille comme un enfant de 4 ans!)
@ lili, n'angoisse pas hein!!!...bon après comme je dis..si le gyneco te dis de te reposer...tu te repose vraiment (lui reposer, c est coucher!)..je suis sure que j aurais gagné une semaine ou 2 comme ça.. ;)
samedi 18 février 2012 à15:12
coucou, notre puce est né à 27 semaines de grossesse, 800g 34cm, 2mois et demi d'hopita à 250km de chez nousl... je comprend tout à fait ce que vous avez vécu...
Les informations proposées par Brind’infos ne se substituent en aucun cas à un avis médical délivré par des professionnels de santé.
Brind’infos, le site d’information des parents natures © Tous droits réservés.