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jeudi 18 novembre 2010

L'hygiène naturelle infantile ou HNI, qu'est-ce que c'est ? C'est de répondre aux besoins de l'enfant en le laissant éliminer ses selles et ses urines sans couche. Il s'agit, bien au-delà du simple retrait de la couche, d'être à l'écoute maximale de son enfant et d'entrer en communication avec lui. Pour nous aider à comprendre, Sandrine Monrocher-Zaffarano, auteur de « La vie sans couche » a bien voulu répondre à nos questions.
D'où nous vient cette pratique de l'Hygiène Naturelle Infantile ?
Sandrine Monrocher-Zaffarano : Certains n'hésitent pas à dire qu'elle vient des USA, un peu comme une dernière "tendance à la mode".
En réalité, elle nous vient du début du monde. Tout comme l'allaitement et le portage, on peut supposer que c'est de cette façon qu'on répondait aux besoins des enfants depuis des millénaires.
A partir de quel âge peut-on pratiquer l'HNI ?
Sandrine Monrocher-Zaffarano : Dès que les parents se sentent prêts. De plus en plus de parents pratiquent dès la naissance de leur enfant.
Jusqu'à six mois environ, l'enfant est encore très connecté à ses besoins et sensations. Après un an, c'est moins facile, mais de nombreux parents et enfants se lancent avec enthousiasme et savent trouver les ressources nécessaires - dont du soutien, notamment par le biais de listes internet spécialisées.
En quoi ça consiste au juste ?
Sandrine Monrocher-Zaffarano : A communiquer et répondre (ou aider à répondre) aux besoins d'élimination de son enfant comme on répond à ses autres besoins (de sommeil, de nourriture...).
Comment subvenir aux besoins de l'enfant ? Comment sait-on ?
Sandrine Monrocher-Zaffarano : En établissant une communication avec lui, ce qui est la base de l'HNI - qui s'appelle d'ailleurs "Communication autour de l'Elimination" en anglais (Elimination Communication).
Au passage, une des choses que je regrette est de n'avoir pas trouvé en français de terme qui soit à la fois adéquat, agréable à l'oreille et qui contienne cette idée de communication, parce que l'HNI, Hygiène Naturelle Infantile, c'est avant tout une histoire de communication.
Chaque enfant est différent, et chaque parent va trouver son langage avec son enfant. Il existe plusieurs moyens de savoir quand répondre aux besoins d'élimination de l'enfant : on peut repérer son rythme et lui proposer au moment adéquat, répondre à ses appels / signaux une fois qu'ils ont été identifiés, et même se fier à son intuition. En pratique, on combine un peu tous ces éléments.
On lit que l'enfant ne peut pas contrôler ses sphincters avant ses deux ans, comment l'application de l'HNI est-elle possible ?
Sandrine Monrocher-Zaffarano : En réalité, l'enfant contrôle ses sphincters dès la naissance, de même que tous les muscles de son corps. Et, comme tous les muscles de son corps, ce qui s'affine avec l'âge, c'est le degré de maîtrise. Dès la naissance, l'enfant est capable de relâcher ses sphincters pour laisser passer l'urine. Avec le temps, il saura aussi les contracter pour retenir l'urine si besoin.
L'HNI se base sur une évidence : l'enfant coopère avec plaisir. On l'accompagne seulement, en fonction de son degré de maîtrise, exactement comme dans tous les autres domaines de son existence.
Est-ce que c'est une méthode qui convient à tous les enfants ?
Sandrine Monrocher-Zaffarano : La question serait plutôt : "est-ce que c'est une approche qui convient à tous les parents ?".
Il est important que les parents se sentent en accord avec cette pratique, encore parfois considérée "bizarre" chez nous. En ce qui concerne les enfants, comme tout ce qui répond à leurs besoins basiques (être nourris, être en sécurité, être aimés), ils y sont naturellement prêts - je dirais même qu'ils sont "faits pour".
Si les enfants ne coopèrent pas, les parents auront plutôt intérêt à rechercher ce qui ne leur convient pas dans la pratique (la façon de le tenir quand on lui propose, le moment, etc) plutôt que de remettre en cause la pratique elle-même. On peut faire un parallèle avec l'allaitement : si un enfant manifeste un désaccord au sein, on cherche ce qui ne va pas (REF, par exemple), mais on ne remet pas en cause le besoin de l'enfant d'être allaité.
Le meilleur argument pour convaincre son conjoint de pratiquer la HNI ?
Sandrine Monrocher-Zaffarano : Je pense qu'il vaut mieux obtenir son adhésion plutôt que le convaincre. Il s'agit d'une pratique naturelle, qui a beaucoup de sens pour l'enfant, pour son développement, pour l'attachement parent-enfant. Si l'un des deux parents montre une réticence, on peut explorer ce qui "coince" pour lui, réfléchir à ce que ça signifie.
De quoi a-t-on besoin pour faire de la HNI ?
Sandrine Monrocher-Zaffarano : A la base, de rien... ou peut-être d'une bassine pour recueillir les excréments de l'enfant.
Après, on peut aussi améliorer le confort de chacun par des accessoires tels qu'une peau d'agneau pour la nuit, des pantalons chinois pour le jour, des langes avec élastique pour les débuts, un petit pot adapté qu'on peut glisser sous les fesses de l'enfant, etc...
Comment s'organiser avec le sommeil de l'enfant ?
Sandrine Monrocher-Zaffarano : Au début, on peut lui proposer à chaque tétée, si on voit que ça lui convient. Il est important de prévoir un système qui permette de ne pas changer toute la literie pour un pipi ! Par exemple, en faisant dormir l'enfant sur un empilage de serviettes qu'on enlève au fur et à mesure, ou sur une peau d'agneau.
Etant donne que le développement des sphincters et de la vessie n'est pas entravé quand on pratique l'HNI, l'émission d'urine la nuit diminue rapidement. Il n'est pas rare qu'entre 4 et 6 mois, les "bébés HNI" fassent leurs premières nuits au sec. Ma fille par exemple passait ses nuits (ce qui n'est pas la même chose que mes nuits :) !) au sec dès l'âge de 5 mois.
Est-ce que c'est possible de concilier HNI et mode de garde ?
Sandrine Monrocher-Zaffarano : Oui, bien sûr. J'ai été assistante maternelle et j'aurais été heureuse de répondre à une demande des parents allant dans ce sens.
Si la ou les personnes qui gardent l'enfant y sont ouvertes, elles peuvent elles aussi proposer à l'enfant en journée.
Dans le cas contraire, même si l'enfant est en couche la journée, il est possible de continuer à pratiquer l'HNI le soir et le week-end le bénéfice pour l'enfant reste ! Là encore, il y a un parallèle avec l'allaitement : on peut continuer à allaiter à la demande à la maison et confier bébé à une tierce personne en journée.
Un dernier conseil pour les parents qui hésitent encore ?
Sandrine Monrocher-Zaffarano : Essayez, un matin au réveil, ou après la sieste, de tenir votre enfant avec douceur dans vos bras et de lui proposer d'éliminer au-dessus du lavabo ou des toilettes, en faisant par exemple le son "psss" ou en utilisant un mot adapté. On est souvent émerveillé par cette première connexion, ça peut être un joli déclencheur...
Merci Sandrine, et si vous voulez plus d'informations à ce sujet nous vous conseillons de lire l'excellent "La vie sans couche" de Sandrine Monrocher-Zaffrano aux Editions Jouvence.
Les informations proposées par Brind’infos ne se substituent en aucun cas à un avis médical délivré par des professionnels de santé.
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